Julien Gracq: todo un clásico (o nunca te acostarás….)

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La revista Magazine littéraire dedicó su número de mayo a Montaige, como debe ser en los tiempos que corren y merece  el ensayista, aunque el título no era demasiado original: Un autre regard sur Montaigne. En cambio, en la entrega que abre el verano, en la que hace 465, la cosa ha cambiado notablemente. El rótulo de la portada no lleva a engaño: Julien Gracq, le dernier des classiques. No sé a ustedes, pero a mi me ha sorprendido. Si me hubieran preguntado por los clásicos franceses que aún siguen al pie del cañon, no creo que Gracq hubiera sido el primero en venirme a la mente (de hecho, no estaría en mi corta lista). Y, sin embargo, las cosas son como son. Dicen, los que saben, que es el escritor más visitado de Francia y que  cuanto menos publica mayor es el rosario de peregrinos que acuden a su casa de Saint-Florent-le-Vieil, junto al Loira. Por allí pasan regularmente nombres como Angelo Rinaldi, Philippe Le Guillou, Régis Debray, Jérôme Garcin, todos cual discípulos deseosos de ser tocados por la gracia del maestro.  

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No sé, ustedes tienen más elementos de juicio que yo. Pero si hemos de creer al citado Magazine Julien Gracq es el último, así que me he puesto manos a la obra y me he agenciado una buena muestra de este literato: Los ojos del bosque, El mar de las Sirtes, En el castillo de Argol y Las aguas estrechas. Con ese listado estoy bien dispuesto,  de momento. Tampoco es que uno pueda llegar muy lejos, pues hace años que no escribe o, al menos, que no publica. En cambio, ha accedido a ser entrevistado por la mencionada revista, para relatar, entre otras cosas, su pasión inveterada por Julio Verne y por el surrealismo, el escándalo de su rechazo al   Goncourt en 1951, su fidelidad al editor José Corti, su negativa a pasar por el registro televisivo o a ser editado en formato de bolsillo, etc. Originalidad no le falta, desde luego. 

Por si les ocurre como a mí y no están puestos en este escritor escondido, cultivador del siempre curioso simbolismo francés, les recomiendo su texto Leyendo escribiendo, que es una buena manera de empezar. En general,  parece ser que es esta parte de su escritura, más  sincopada, la que mantiene más adeptos hoy en día y ahí hay una buena muestra. Para los más afortunados,  aseguran que lo mejor es recuperar su opúsculo de 1949 La littérature à l’estomac, donde dice cosas como:  

«  […] le Français, lui, se classe au contraire par la manière qu’il a de parler littérature, et c’est un sujet sur lequel il ne supporte pas d’être pris de court : certains noms jetés dans la conversation sont censés appeler automatiquement une réaction de sa part, comme si on l’entreprenait sur sa santé ou ses affaires personnelles – il le sent vivement – ils sont de ces sujets sur lesquels il ne peut se faire qu’il n’ait pas son mot à dire. Ainsi se trouve-t-il que la littérature en France s’écrit et se critique sur un fond sonore qui n’est qu’à elle, et qui n’en est sans doute pas entièrement séparable : une rumeur de foule survoltée et instable, et quelque chose comme le murmure enfiévré d’une perpétuelle Bourse aux valeurs. Et en effet – peu importe son volume exact et son nombre — ce public en continuel frottement (il y a toujours eu à Paris des ”  salons ” ou des ” quartiers littéraires “) comme un public de Bourse a la particularité bizarre d’être à peu près constamment en ” état de foule “): même happement avide des nouvelles fraîches, aussitôt bues partout à la fois comme l’eau par le sable, aussitôt amplifiées en bruits, monnayées en échos, en rumeurs de coulisses[…]”. 

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 Sea como fuere, su nombre aún se asocia al escándalo Goncourt. He aquí la carta que remitió a Maurice Noël, editor  literario de Le Figaro a finales de noviembre de 1951:  « Je n’ai pas prêté une attention vive aux premiers échos – parus dans Le Figaro et Le Figaro littéraire et ailleurs – qui faisaient état de mes « chances » pour le prix de fin d’année. La position que j’avais prise l’an dernier au sujet des compétitions littéraires dans un article La littérature à l’estomac (dont Le Figaro littéraire avait reproduit des extraits) tout autant qu’elle les rendait invraisemblables me paraissait leur opposer d’avance un démenti suffisant : on ne s’attendait tout de même pas à ce que j’aie changé d’avis en quelques mois. Mais ces échos se multiplient et se précisent et j’ai de bonnes raisons de ne plus leur refuser aujourd’hui un caractère sérieux. Dès lors, ceux qui me lisent ne comprendraient pas que je ne m’explique pas brièvement, mais publiquement à ce sujet. Non seulement je ne suis pas, et je n’ai jamais été, candidat, mais, puisqu’il paraît que l’on n’est pas candidat au prix Goncourt, disons pour mieux me faire entendre que je suis, et aussi résolument que possible, non candidat. Je ne redirai pas des raisons que j’ai dites longuement en leur temps. Je ne tiens pas à me poser en champion publicitaire de la vertu : cela ne me serait pas agréable. Je ne nie nullement non plus que certains suffrages sincères, dans un jury comme ailleurs, puissent me faire plaisir. Mais, tout de même, je ne veux pas qu’on pense qu’après avoir sérieusement détourné peut-être quelques jeunes (peu nombreux, qu’on se rassure) de la conquête des prix littéraires, je songe maintenant à la dérobée à me servir. Je ne m’en prends pas spécialement au prix Goncourt. Je m’en prends à lui moins qu’aux autres, du fait que longtemps, il fut le seul. Deux ou trois prix littéraires, passe encore si on y tient – deux ou trois cents (le nombre sera dépassé la semaine prochaine) cela devient un trait déplaisant d e « mœurs indigènes » sur lequel tout le monde au fond est d’accord, sans toujours l’avouer. Je persiste à penser qu’il n’y a plus aucun sens à se prêter de loin ou de près à quelque compétition que ce soit et qu’un écrivain n’a rien à gagner à se laisser rouler sous cette avalanche. Je m’excuse d’être obligé de revenir sur un sujet avec lequel je croyais en avoir fini. Avouez qu’au moins ce n’est pas de ma faute : il semble qu’en cette matière il soit bien difficile de se faire entendre clairement. Agréez, cher Monsieur, etc. » JULIEN GRACQ 

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